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Actualités

mer. 13 décembre 2017

10ème Anniversaire du Programme exécutif FIFA/CIES en Afrique du Sud : bilan et perspectives !

La Nelson Mandela University et le Centre International d’Étude du Sport ont célébré le 10ème anniversaire de leur partenariat au mois de septembre dernier. Une occasion de faire leur point sur une coopération fructueuse, déployée autour de l’organisation du Programme exécutif FIFA/CIES en Afrique du Sud. Qui pouvait mieux en parler que Vernon Oosthuizen, coordinateur du Programme, et Denver Hendricks, coordinateur CIES local, qui unissent leur voix pour décrire une décennie de travail, d’efforts et de succès. En effet, le Programme exécutif est largement connu et reconnu en Afrique du Sud ainsi que dans les pays voisins. Il contribue à former une nouvelle génération de managers du sport, conscients que les performances sur le terrain sont aussi le résultat d’une gestion moderne et efficace.  

La Nelson Mandela University vient juste de célébrer le 10ème anniversaire de son partenariat avec le CIES. La fête a-t-elle été belle ?

Vernon Oosthuizen - VO

Oui, sans l’ombre d’un doute. La manifestation a rencontré un réel succès. Les commentaires que nous avons récoltés auprès des étudiants, des anciens étudiants ou encore de nos collaborateurs ont tous une tonalité très positive, que ce soit au sujet du diner officiel, de la cérémonie de remise de diplômes aux étudiants de la 10ème édition du Programme exécutif ou encore de la « conférence-anniversaire ».  

Denver Hendricks - DH

On peut ajouter que les présentations des conférenciers – parmi eux trois anciens étudiants du Programme exécutif et une ancienne étudiante du FIFA Master qui travaille actuellement au CIO – ont impressionné par leur qualité. Sans oublier la présence très appréciée des autorités suisses en la personne du consul général de la Confédération helvétique à Cape Town.

Que pensez-vous du partenariat entre la Nelson Mandela University et le CIES ?

DH

Le fait que nous ayons célébré notre dixième anniversaire prouve le dynamisme de ce partenariat. Non seulement il a passé l’épreuve du temps mais sa popularité ne cesse de croître. Il offre de multiples avantages : un réseau international ouvert aux étudiants ainsi qu’aux enseignants, une relation étroite avec la FIFA, des bourses pour participer au FIFA Master. Tout cela contribue à lui donner une stature indéniable. Je crois que ce partenariat profite à la Nelson Mandela University, au pays tout entier.

VO

Denver a raison. On peut considérer notre travail avec le CIES comme un exemple parmi les partenariats internationaux de la Nelson Mandela University. Par ailleurs, cette coopération répond parfaitement aux objectifs de notre université. En effet, la formation de dizaines de managers sportifs permet d’obtenir des résultats concrets en termes de durabilité sociale ou économique. Nos étudiants et anciens étudiants injectent un professionnalisme nouveau dans le sport sud-africain. Ils deviennent ainsi des citoyens plus responsables, capables de raisonner de manière critique, de s’adapter, d’innover. Le Programme exécutif NMU/FIFA/CIES est un exemple de réussite, un héritage fructueux de la Coupe du Monde 2010. Je pense qu’il n’y a rien de comparable sur le continent.

Selon vous, quels sont les développements les plus significatifs de votre coopération avec le CIES depuis 2007 ?

DH

On peut évidemment mentionner l’expansion du Réseau Universitaire FIFA/CIES qui compte maintenant 16 universités sans compter celles liées au FIFA Master. Il y a aussi d’autres innovations qui sont essentielles au dynamisme de ce projet : les adaptations régulièrement apportées aux contenus des cours, l’introduction des projets de groupe qui permettent aux étudiants d’élaborer un projet concret, pratique, ancré dans la réalité du sport national. Je pense également aux séminaires qui réunissent les enseignants et les personnes actives dans l’organisation du Programme exécutif. A mes yeux, le plus réjouissant est la réputation dont jouit ce dernier aujourd’hui. En effet, de nombreux étudiants sont recrutés grâce au bouche à oreille, ici et ailleurs.

VO

Beaucoup de personnes prédisaient un déclin rapide de notre projet car il n’était pas basé à Johannesburg ou à Cape Town. Nous avons su faire mentir ces prémonitions peu optimistes. Pour moi, une des raisons de notre succès réside également dans l’excellent esprit d’équipe qui unit le CIES et la Nelson Mandela University, en particulier le « Department of Human Movement Science » qui accueille le Programme exécutif depuis plus de 10 ans. Des liens d’amitiés se sont tissés entre nous. Nous sommes de vrais partenaires, heureux de nos succès mais aussi solidaires en cas de difficulté.

Quel esprit la Nelson Mandela University a-t-elle insufflé à ce projet ?

VO

En premier lieu, nous nous efforçons d’être fidèle à l’esprit de Nelson Mandela. A chaque étape de notre travail, nous nous posons la question : « Que ferait Madiba ? ». Cela se traduit par un respect pour la diversité, l’excellence, l’intégrité, notre environnement. Cela implique également de savoir prendre nos responsabilités. Concrètement, en classe, nous attachons une attention particulière aux étudiants, à leurs besoins, à leurs attentes.

Nous sommes aussi très pragmatiques, dans le sens le plus positif : nos enseignements se basent sur le travail de groupe, l’esprit d’équipe et les cas pratiques. Quant à nos camarades des universités partenaires, nous avons pu leur donner un exemple de « l’esprit sud-africain » en les accueillant lors d’un séminaire organisé à Port Elizabeth dans le cadre de la Coupe du Monde de la FIFA 2010.

Et le CIES ?

DH

Le CIES est totalement impliqué dans le partenariat. Il y contribue en termes de soutien et de conseil réguliers. Il sait fédérer, susciter l’enthousiasme au sein du Réseau Universitaire FIFA/CIES qui a connu une forte expansion depuis 10 ans. Par ailleurs, la réputation du FIFA Master – numéro 1 en Europe – engendre un climat de confiance, propice à nous motiver.

Comment l’enseignement est-il organisé afin que les étudiants bénéficient de la meilleure formation ?

VO

La plupart des étudiants sont des adultes qui ont déjà engrangé beaucoup d’expériences et de connaissances. Ils viennent donc en classe avec un important bagage. C’est pourquoi nous visons à favoriser les échanges entre eux ainsi qu’avec les experts en charge des cours. Nous évitons les écueils de l’enseignement classique « craie et tableau noir ». Il faut tenir compte de ce que chaque étudiant peut apporter, offrir un cadre de travail qui permette de poser et de résoudre des problèmes par un dialogue constructif.

Par ailleurs, le Programme exécutif est organisé en semaines intensives, ce qui offre un avantage non négligeable : les étudiants, anciens étudiants et professeurs tissent des liens étroits entre eux. En un mot, nous voulons offrir aux participants une expérience inoubliable pour ce qui est de l’enseignement, de l’apprentissage, de l’expérience de vie.

Pouvez-vous déjà évaluer les retombées du Programme exécutif en Afrique du Sud ? 

DH

Après une décennie, nous ne pouvons pas encore mesurer son impact de manière substantielle. Néanmoins, le fait que d’anciens étudiants aient accédé à des positions importantes dans le sport en Afrique du Sud, sur le continent et au-delà témoigne d’une importance qui a certainement vocation à augmenter. On peut raisonnablement estimer que le Programme aura encore des répercussions positives sur l’accès au sport, la manière dont il est organisé ainsi que les performances des athlètes. En effet, notre pays regorge de talents. Il recèle un énorme potentiel qui ne demande qu’à être mis en valeur grâce à des managers compétents.

Quelques succès à mentionner ?

VO

Il y en a beaucoup… Quand j’ai effectué des recherches pour la publication relative au 10ème anniversaire, j’ai été surpris par le nombre de nos anciens étudiants qui ont connu des succès professionnels après avoir reçu leur diplôme : fonctions importantes lors de la Coupe du Monde de la FIFA Afrique du Sud 2010, aux Jeux Olympiques de 2012, à la FIFA, à la Fédération Internationale de Basketball en Fauteuil Roulant, au niveau du sport universitaire ou encore de la lutte antidopage. Il y aussi ceux qui ont reçu de prestigieuses distinctions. Finalement, il ne faut pas oublier les alumni qui travaillent « à la base », dans des organisations régionales et municipales. Leur rôle est essentiel car ils contribuent à améliorer la gestion du sport en profondeur que ce soit en Afrique du Sud ou dans d’autres pays voisins.

Quelques souvenirs particulièrement heureux ?  

DH

Peut-être ceux liés au commencement du Programme, quand il fallait tout mettre en place… Je pense aussi au séminaire du Réseau Universitaire FIFA/CIES qui a été organisé ici, à Port Elizabeth, et bien sûr à la joie de célébrer notre 10ème anniversaire. En fait, j’ai aimé chaque instant de ma participation à l’ « aventure » du Programme exécutif.  

VO

J’apprécie aussi les instants passés avec mes collègues du CIES ou avec les conférenciers qui viennent des quatre coins du monde. Un moment vraiment particulier ? Celui où j’ai rencontré par hasard un ancien étudiant, président d’un club de football, qui m’a remercié. En effet, il venait de conclure un partenariat en appliquant les enseignements reçus dans le cadre du module de marketing et sponsoring. Que souhaiter de mieux ?

Comment envisagez-vous l’avenir du partenariat avec le CIES ?

VO et DH (en choeur)

Nous devons intéresser davantage de managers venant d’autre pays afin que l’Afrique atteigne une meilleure visibilité au plan international. Il faut également assurer que nos organisations sportives reposent sur des bases saines et favorisent ainsi une participation massive des jeunes et des moins jeunes. Le travail commun entre la FIFA, le CIES et la Nelson Mandela University doit donc se poursuivre pour professionnaliser le sport sur le continent africain, pour le mener à la place où il mérite d’accéder.